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Robert Lamoureux

Enjoy videos ! Une merveille ! Le texte sur le dernier de la classe ainsi que l'infinie tendresse dans les chansons histoire des roses et viens à la maison ...

Respect aux chansonniers, comme on les appelait à l'époque. Ça cause, ça chante, ça cause cru et derrière tout ça - comme un grand voile de pudeur étendu pour brouiller les pistes - de l'amour, merde, de l'amour - gros comme ça et à revendre. de la tendresse, de l'humanisme. En bref, tout ce qui fait défaut à ceusses qui nous gouvernent. Un ange passe, les ailes chargées de Scuds.

— Que demander de plus ? sinon de télécharger sans plus tarder, de visser les yeux dans l'écran et de plonger les oreilles de son coeur dans le propos de Lamoureux.

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Enfin, un magnifique texte, qu'avec mes mots, je résumerai ainsi :

— Heureusement que tu es fatigué ! un jour tu ne seras pas fatigué, tu seras mort !

L'éloge de la fatigue

Vous me dites monsieur, que j'ai mauvaise mine.
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine.
Qu'on ne gagne rien à trop prodiguer.
vous me dites enfin, que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué monsieur, mais je m'en flatte,
J'ai tout de fatigué : le cœur, la voix, la rate.
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, je ne m'en soucie pas.
Et quand je m'en soucie, je me ridiculise,
La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On est jamais aussi fatigué qu'on le croit,
Et quand cela serait, n'en a t-on pas le droit ?
Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitudes,
N'a plus que pour se mouvoir que de pales raisons.
Lorsqu'on fait de soi son unique horizon.
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre ou à se défendre.
Cette fatigue là est mauvaise à entendre.
Elle fait l'œil morne, le front lourd, le dos rond,
Et nous donne l'aspect d'un vivant moribond.
Mais se sentir plier sous le poids formidable,
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable.
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain.
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
Aider une existence à continuer sa course.
Et pour cela se battre à s'en user le cœur,
Cette fatigue là monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, chaque assaut qu'on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre.
Et sûr qu'on est le port et la route et le guet,
Où prendrait-on le droit d'être fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marque chaque victoire en creux sur leur figure.
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus,
Parmi tant d'autres creux, il passe inaperçu.
La fatigue, monsieur, est un prix toujours juste,
C'est le prix d'une journée d'efforts et de lutte.
C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
Et c'est la preuve aussi qu'on vit avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J'écoute mes sommeils et là, je me sens fort.
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors, c'est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer,
Mais si j'acceptais là ce que vous me proposez,
Si je m'abandonnais à votre douce intrigue,
Mais je mourrais monsieur, tristement de fatigue.

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